La Roche d'Aujoux Sanctuaire antique de Mancey Faire un don
Campagne 2026

Objectifs de la campagne de fouilles

Six semaines de terrain, seize chercheurs, des analyses spécialisées : ce que la dernière année du programme triennal va permettre.

Objectifs de la campagne de fouilles

Le programme de fouilles mené à la Roche d'Aujoux a pour objectif d'éclairer la fonction et l'évolution du site au fil du temps. Il s'attache à explorer les pratiques rituelles qui y étaient associées et à affiner la chronologie de son occupation. L'étude vise également à documenter les premières phases d'installation, afin de reconstituer l'histoire complète du sanctuaire sur les zones ciblées.

Ces recherches offrent une opportunité unique d'étudier l'évolution des pratiques cultuelles en milieu rural, en particulier durant la transition entre paganisme et christianisme qui couvre l'ensemble du IVᵉ siècle de notre ère.

Les principaux axes de recherche

  • la création, l'abandon et la destruction des sanctuaires païens ;
  • l'organisation et l'évolution des structures cultuelles et des pratiques associées ;
  • l'analyse des dépôts rituels et des mobiliers liturgiques ;
  • la persistance des rites à la fin de l'Antiquité tardive.

Une dimension paléoenvironnementale complète ces travaux (malacologie, phyto-archéologie, microfaune), avec des résultats très prometteurs sur l'environnement antique du site, rendus possibles par la qualité exceptionnelle de conservation des vestiges.

À partir de 2026, le programme entre dans une phase d'approfondissement analytique poussée : des analyses physico-chimiques seront multipliées sur les objets liturgiques, en particulier sur les autels en pierre, afin d'identifier les matières qu'elles ont pu recevoir. Parallèlement, des analyses de sédiments seront menées sur les couches archéologiques pour caractériser les processus de formation des niveaux, les résidus organiques et les marqueurs chimiques associés aux gestes rituels. Ces études permettront d'établir des corrélations fines entre contextes archéologiques, activités cultuelles et chronologie relative.

Un site majeur au niveau national

Situé entre Tournus et Cluny, hauts lieux du christianisme, le site de la Roche d'Aujoux lève le voile sur la transition religieuse et culturelle de l'Antiquité tardive, renforçant son intérêt patrimonial et scientifique au niveau national.

« Le site de la Roche d'Aujoux, sanctuaire antique de Tournus, est un site majeur au niveau national. »

Le programme triennal offre ainsi une occasion unique de situer avec précision les pratiques cultuelles dans la chronologie, et d'observer des gestes rituels d'une très grande rareté. Les analyses stratigraphiques et l'étude des artefacts permettent déjà une datation des couches à un quart de siècle près, précision qui pourrait être réduite à 5 à 10 ans grâce à l'exploitation du potentiel exceptionnel de la stratigraphie du site.

Ce projet illustre la performance de l'archéologie contemporaine, capable d'associer méthodes analytiques avancées et lecture fine des dynamiques religieuses et sociétales à la charnière de deux mondes : le paganisme antique et le christianisme naissant.

Parure en or composée de plusieurs éléments, mise au jour dans le temple M3, photographiée à côté d'une règle archéologique. parure-or.jpg (PDF p. 10)
0 5 cm
Parure en or mise au jour dans le temple M3.

Moyens et méthodologie

Après trois campagnes de fouilles programmées, dont six semaines en 2025, la campagne 2026 se déroulera également sur 6 semaines, en juin et juillet 2026.

Les fouilleurs seront logés dans le même gîte qu'en 2025, à Jugy. Pour garantir le bon déroulement logistique et le confort des participants, le recours à un cuisinier ou une cuisinière demeure indispensable, afin d'assurer une intendance efficace et des repas équilibrés.

La complexité stratigraphique et la richesse exceptionnelle des niveaux du monument M3 exigent une fouille particulièrement fine et méthodique, nécessitant un encadrement renforcé.

Une équipe scientifique pluridisciplinaire

L'équipe scientifique s'est considérablement renforcée : elle compte désormais 16 chercheurs et chercheuses professionnels issus de laboratoires de recherche du CNRS tels qu'ArAr et iLM (Lyon), ARTEHIS (Dijon), ASM (Montpellier) et ADES (Aix-Marseille). Tous interviennent bénévolement dans le cadre de leurs programmes de recherche, couvrant un large éventail de spécialités :

  • Céramologie
  • Numismatique
  • Instrumentum
  • Verre
  • Matériaux de construction
  • Géoarchéologie
  • Archéozoologie
  • Lapidaire
  • Statuaire
  • Iconographie
  • Malacologie
  • Phyto-archéologie

Deux étudiantes de Master participent également au projet dans le cadre de leurs mémoires universitaires : l'une consacre ses travaux à l'étude des enduits peints, l'autre à l'analyse des ossements issus des contextes rituels. D'autres s'exercent sur des travaux scientifiques qui leur ont été confiés. Ces recherches, conduites sous encadrement scientifique, contribueront directement au programme collectif d'étude du sanctuaire.

Le recrutement des fouilleurs est assuré via la plateforme du Ministère de la Culture, avec une priorité donnée aux étudiants en archéologie parmi les plus prometteurs. En 2025, les étudiants ont été sélectionnés parmi plus de 300 candidatures, issus de diverses universités françaises et internationales (Belgique, Italie, Japon, Suisse, Espagne). Le chantier reste également ouvert à d'autres profils, favorisant la mixité des parcours et témoignant de la volonté d'ouverture et d'ancrage social du projet. Au total, 35 personnes ont fouillé à la Roche d'Aujoux en 2025.

Les fouilles sont menées selon les standards scientifiques les plus avancés, dans une approche pluridisciplinaire intégrant de nouvelles méthodologies de terrain et d'analyse, contribuant à l'évolution des pratiques archéologiques.

Le travail de post-fouille mobilise à la fois les chercheurs et les étudiants du projet. Il comprend le traitement, la documentation et l'analyse du mobilier, ainsi que la synthèse des données stratigraphiques et contextuelles. L'ensemble de ces travaux est évalué à environ 200 jours de post-fouille pour l'année 2026, incluant la rédaction du rapport de synthèse et la valorisation scientifique des résultats. Ce travail nécessite un financement spécifique pour soutenir les recherches en laboratoire et assurer la rémunération du responsable d'opération.

Étudiante manipulant un tachéomètre laser sur le chantier de fouille, en forêt. tacheometre-laser.jpg (PDF p. 11)
Formation à l'utilisation du tachéomètre laser pour localiser précisément les objets sur le site.

Besoins matériels et techniques

Le petit matériel de fouille a été progressivement acquis entre 2023 et 2025, venant compléter l'équipement déjà disponible au sein du Groupe de Recherche Archéologique de Tournus (GRAT).

En 2026, les besoins en matériel de terrain seront plus limités, le chantier disposant désormais de l'essentiel des outils nécessaires. Toutefois, le renouvellement partiel du petit matériel reste indispensable pour maintenir la qualité du travail sur le terrain.

Les objets découverts doivent être conditionnés selon les normes de conservation préventive imposées par l'État, ce qui représente un poste de dépense significatif. Certains artefacts nécessitent en outre une intervention de restauration avant étude ou présentation. Une ligne budgétaire spécifique est également prévue pour la prise en charge d'une découverte exceptionnelle susceptible d'exiger des traitements particuliers.

L'avancée des recherches a fait émerger en 2025 des besoins analytiques nouveaux, indispensables à la valorisation scientifique complète du site avant la clôture du programme triennal. L'année 2026, dernière campagne du projet, sera consacrée à la synthèse des données et à la réalisation des analyses spécialisées.

Une part importante du budget est ainsi allouée aux études de laboratoire et aux analyses physico-chimiques (résidus organiques, composition pétrographique), destinées à mieux comprendre les contextes rituels. Ces travaux seront complétés par des études archéozoologiques et paléoenvironnementales détaillées, portant sur la faune, les charbons et les microrestes végétaux, afin de restituer les conditions environnementales et cultuelles du sanctuaire à la fin de l'Antiquité.

L'année 2026 représente donc une phase clé du programme, marquant à la fois l'achèvement des fouilles, la réalisation des analyses de laboratoire, et la rédaction du rapport de synthèse. Ces travaux garantiront la valorisation scientifique intégrale du sanctuaire de la Roche d'Aujoux et son rayonnement patrimonial à l'échelle nationale.

Valorisation et diffusion

Depuis 2023, des rapports de fouille détaillés ont été remis dans les délais impartis au Service Régional de l'Archéologie (DRAC Bourgogne-Franche-Comté). Ces documents, très complets et richement illustrés, présentent l'ensemble des résultats, descriptions et analyses issus des campagnes successives.

En 2026, un rapport final de synthèse sera produit. Il rassemblera toutes les données scientifiques acquises depuis le lancement du programme et proposera une analyse intégrée de l'ensemble des résultats.

À la suite de la remise de ce rapport, plusieurs chercheurs de l'équipe scientifique valoriseront leurs travaux par la publication d'articles dans des revues spécialisées, contribuant ainsi à l'enrichissement des connaissances sur les sanctuaires ruraux de l'Antiquité tardive. Un article de synthèse général est d'ores et déjà prévu dès la fin de la phase de terrain, avant la diffusion progressive de publications thématiques (mobilier liturgique, statuaire, céramique, paléoenvironnement, etc.).

La médiation scientifique auprès du grand public constitue également un axe fort du projet. À l'issue de la campagne 2026, un document de vulgarisation sera publié (livret ou ouvrage illustré) et accompagné d'un reportage vidéo d'environ dix minutes, accessible en ligne et destiné à tous les publics.

En parallèle, de nombreuses visites guidées ont été organisées en 2025, réunissant des groupes limités à 30 personnes afin de préserver la qualité des échanges. Le succès de ces visites encourage à leur reconduction annuelle, afin de poursuivre la sensibilisation du public local et régional à la recherche archéologique et au patrimoine du Tournugeois. Plus de 500 visiteurs en 2025 !

Enfin, dès 2026, une série de conférences publiques sera proposée dans la région de Tournus et au-delà, afin de présenter les découvertes majeures et de valoriser ce patrimoine exceptionnel auprès d'un public élargi. Ces actions de diffusion participent pleinement à la valorisation scientifique, culturelle et patrimoniale du site de la Roche d'Aujoux, désormais reconnu comme un site de référence pour l'étude de la transition religieuse de l'Antiquité tardive.

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